Dans
un beau format à'italienne sont rassemblées différentes
histoires et images déjà publiées dans les
revues de ce qui constitue le grain des structures d'édition
indépendantes européennes (Frigobox, Strapazin, Lapin,
Le Cheval sans Tête…).
Si l'on en croit le texte d'introduction de Thierry Van Hasselt,
Dominique Goblet est à l'image de son travail, " elle
sait jouer des contrastes pour mettre sa personnalité ambiguë
en valeur. "
Le propos est impressionnant, pas manichéen. Le trait gracile
mais pas cucul. Surtout pas cucul. Décapant plutôt.
Déclinant les tonalités des bruns, rouges, gris ou
sépias, Dominique Goblet raconte plusieurs histoires dont
les thèmes se recoupent. Imbriquées entre elles, les
aventures débonnaires de bestioles à jeux de mots
(" un lapin de Noël, des hérons petits patapons…
") et des aventures sordides plus empreintes d'adultère
ou d'inceste…
Le dessin, naïf de prime abord, dresse des portraits au regard
grave où transparaissent des cassures intimes. Cette ambiguïté-là
ne respire pas vraiment la bonne humeur.
C'est parce qu'on sent qu'elle va puiser matière au fond
d'elle-même que Dominique Goblet, mélangeant les techniques
(peinture, collage, dessin…), dépasse le stade trop
peu satisfaisant de la joliesse graphique.
La série de dessins " L'homme qui aimait à porter
des robes (mais pas systématiquement) " semble résumer
les préoccupations que Dominique Goblet couche avec subtilité
sur le papier : ah, tout serait si simple s'il n'était question
que d'apparence !